Against Stones

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✨ Inspiration
Peinture

Inspiration du fleuve

par MaksymL

Ville : Kyiv
Format : A3
Statut : : Available
Points créatifs : : 105
Temps passé (minutes) : 70 min
Créé le : 03/02/2026
Peinture murale miniature née dans le sous-sol réchauffé de l'atelier Podil, face aux vitres qui donnent sur les toits de chaume et les cheminées du quartier historique. Maksym a commencé par des lavis gris-bleu — la couleur exacte du Dnipro un matin de brouillard, quand les péniches passent comme des ombres silencieuses et que l'on entend encore, au loin, le claquement d'une porte de cave après la nuit d'alerte.

Deuxième geste : des fragments de pierre calcaire broyée, ramassée près des fondations de l'église Saint-Nicolas, incorporée dans la pâte acrylique. L'artiste dit avoir voulu « faire tenir le fleuve sur une feuille A3 » — une promesse impossible, donc humaine. Les reflets dorés au coucher du soleil traversent la composition comme une respiration : inspiration littérale, expiration de la peur accumulée depuis des mois.

Troisième strate : des traits de fusain repris du croquis collectif affiché sur le mur de l'atelier, où chacun avait dessiné ce qui lui manquait. Le fleuve devient ici mémoire liquide, trait d'union entre les participants d'Odesa connectés en visio et ceux présents sur la rive de Podil. L'œuvre porte la marque Against Stones : ruines et espoir, pierre et eau, communauté qui refuse l'effacement.

Les Récits de l’Artiste

Le fleuve dans la paume

Ce matin-là, l'atelier sentait le café brûlé et la terre humide des godets de peinture. Dehors, le Dnipro était un ruban laiteux ; dedans, on nous a demandé de fermer les yeux et de décrire le fleuve sans le nommer. J'ai entendu « respiration », « mère », « route ». Quand j'ai rouvert les yeux, ma feuille était encore blanche — et c'est cette blancheur qui m'a fait peur, puis m'a libéré. J'ai commencé par un seul trait horizontal, puis une deuxième ligne plus tremblante par-dessus, comme deux berges qui ne se touchent pas encore. La facilitatrice Yuliia a posé sa main sur mon épaule sans rien dire. À la troisième couche, j'ai broyé la pierre calcaire que j'avais rapportée dimanche ; le grain a grésillé sous le pinceau. Les participants d'Odesa, sur l'écran fissuré du fond, ont levé leurs propres feuilles : des fleuves différents, la même soif de tenir quelque chose ensemble. En sortant, j'ai regardé le vrai Dnipro — il n'était pas du tout comme ma peinture, et c'était parfait ainsi.

Note de la facilitatrice

Atelier « Inspiration du fleuve », Podil, février 2026. Douze présents, trois en visio depuis Odesa. Exercice de respiration 4-7-8 avant toute peinture. Maksym est arrivé en retard (alerte prolongée) ; il a demandé pardon en souriant et s'est mis au fond. Son œuvre est devenue la plus lumineuse de la session — preuve que le retard n'est pas une faute quand la ville retient les corps dans les cages de béton. Nous avons accroché les feuilles sur une corde au-dessus du radiateur pour sécher ; elles claquaient comme des drapeaux de fortune. J'ai validé l'œuvre le lendemain matin, encore imprégnée de l'odeur du sous-sol.

Médias associés

Wide cinematic photograph, Podil art-therapy basement workshop, woman hands placing limestone dust into wet acrylic on A3 paper, Dnipro river suggested through grey-blue washes on wall sketches behind, golden hour light through small street-level window, ochre and deep blue palette, documentary humanitarian tone, Ukrainian details (woven rushnyk on chair, Cyrillic labels on paint pots), emotional hope amid ruins visible through window grate.

6-second timelapse video, close-up of brushstrokes building a miniature river mural, water jar reflections, stone fragments pressed into paint, hands of multiple participants alternating, warm tungsten basement light mixing with cold daylight, Podil Kyiv art therapy context, no faces fully shown, focus on material transformation, gentle ambient sound implied.

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