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Tristesse
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Texte
Lettre à ma grand-mère
Écriture thérapeutique adressée à une grand-mère morte l'hiver précédent, lue une seule fois à voix haute dans l'atelier avant d'être calligraphiée sur papier coton. Maksym a utilisé une encre sepia diluée — couleur de vieille photographie — et laissé des espaces blancs là où les mots manquaient, comme des silences qu'on ne peut pas combler.
Le texte alterne souvenirs sensoriels : l'odeur du pain au cumin dans la cuisine de Ternopil, le froissement de la robe en laine, la façon dont elle disait « les pierres se souviennent » en rangeant des cailloux sur le rebord de la fenêtre. Des fragments de lettre réelle ont été collés puis partiellement effacés à l'eau — technique de palimpseste pour dire que la mémoire se réécrit sans trahir l'absente.
Deuxième mouvement : bordure dessinée de petites pierres en encre, chacune numérotée comme dans un inventaire d'enfance. L'œuvre parle du deuil en temps de guerre, quand on n'a pas le luxe de s'arrêter longtemps mais qu'il faut quand même poser les mots, comme on pose des cailloux sur une tombe improvisée. Lettre à ma grand-mère : pont entre générations, entre Ukraine de l'ouest et Kyiv assiégé, entre la langue ukrainienne de l'enfance et le français appris ici, dans l'exil intérieur du sous-sol Podil.
Le texte alterne souvenirs sensoriels : l'odeur du pain au cumin dans la cuisine de Ternopil, le froissement de la robe en laine, la façon dont elle disait « les pierres se souviennent » en rangeant des cailloux sur le rebord de la fenêtre. Des fragments de lettre réelle ont été collés puis partiellement effacés à l'eau — technique de palimpseste pour dire que la mémoire se réécrit sans trahir l'absente.
Deuxième mouvement : bordure dessinée de petites pierres en encre, chacune numérotée comme dans un inventaire d'enfance. L'œuvre parle du deuil en temps de guerre, quand on n'a pas le luxe de s'arrêter longtemps mais qu'il faut quand même poser les mots, comme on pose des cailloux sur une tombe improvisée. Lettre à ma grand-mère : pont entre générations, entre Ukraine de l'ouest et Kyiv assiégé, entre la langue ukrainienne de l'enfance et le français appris ici, dans l'exil intérieur du sous-sol Podil.
Les Récits de l’Artiste
Médias associés
Close photograph of sepia calligraphy on cotton paper, palimpsest washed letter fragments, numbered ink stones border, white spaces where words failed, Ternopil memory evoked through bread-crumb stains, grandmother letter art therapy, Podil basement desk, candle and stone on corner, grief and continuity Ukrainian wartime.
Dimly lit documentary photograph, young man reading letter aloud in Podil workshop, small circle listening, sepia ink bottle, numbered pebbles lined on table, facilitator taking notes softly, wartime grief ritual, Ukrainian art therapy Against Stones, respectful distance, emotional but not exploitative.
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